C'est un dictionnaire en ligne gratuit et sans publicité qui réunit 9 langues kanak de Nouvelle-Calédonie et 19 672 mots au même endroit : drehu, nengone, paicî, a'jië, xârâcùù, xârâgurè, numèè, zuanga-yuanga et naa drubea. On y cherche un mot en français, en anglais ou en japonais, on écoute la prononciation par des locuteurs natifs (près de 1 000 enregistrements), et on peut poser des questions à un assistant IA qui s'appuie uniquement sur le contenu vérifié. C'est accessible sur dictionnaire.kanaky.xyz, depuis un téléphone, sans compte.
Pourquoi ce projet existe
La Nouvelle-Calédonie compte 28 langues kanak, héritées de plusieurs millénaires de présence sur l'archipel. Plusieurs d'entre elles sont aujourd'hui considérées comme vulnérables ou menacées : le nombre de locuteurs diminue à chaque génération, et la transmission orale, longtemps suffisante, ne l'est plus dans un quotidien numérique.
Le paradoxe, c'est que des ressources existent. Des linguistes, des académies, des universités, des associations ont produit un travail remarquable : lexiques, enregistrements, méthodes d'apprentissage. Mais ce travail était éparpillé — réparti entre des ouvrages épuisés, des applications anciennes parfois plus disponibles, des fichiers académiques, des sites isolés. Pour un parent qui veut apprendre un mot à son enfant, pour un étudiant, pour un membre de la diaspora loin du pays, retrouver et croiser tout cela relevait du parcours du combattant.
L'idée du dictionnaire est née de ce constat simple : la matière est là, ce qui manque c'est un seul endroit, moderne et gratuit, pour y accéder.
Les 9 langues réunies, en chiffres
Le dictionnaire couvre aujourd'hui neuf langues, des trois grandes aires coutumières aux îles Loyauté. Voici la répartition exacte des entrées :
| Langue | Aire / région | Mots |
|---|---|---|
| Drehu | Lifou · Îles Loyauté | 7 707 |
| Zuanga-Yuanga | Kaala-Gomen · Hoot ma Whaap (Nord) | 3 931 |
| Xârâgurè | Thio · Borendy | 3 337 |
| Numèè | Goro · Île des Pins · Yaté | 2 161 |
| Naa Drubea | Païta · Mont-Dore · Yaté (Sud) | 1 367 |
| Nengone | Maré · Îles Loyauté | 556 |
| Paicî | Poindimié · aire Paicî-Cèmuhî | 283 |
| A'jië | Houaïlou · aire Ajië-Aro | 166 |
| Xârâcùù | Canala · aire Xârâcùù-Xârâgurè | 164 |
| 9 langues kanak | 19 672 | |
Le drehu, la langue de Lifou, est la mieux dotée avec 7 707 mots — c'est aussi l'une des langues kanak les plus parlées. À l'autre bout, des langues comme l'a'jië ou le xârâcùù ne comptent encore que quelques centaines d'entrées : ce ne sont pas des langues « plus pauvres », ce sont celles dont les ressources numériques restent à construire. Le dictionnaire est pensé pour grandir.
Écouter, pas seulement lire
Une langue, ça se prononce. C'est pourquoi le dictionnaire intègre près de 1 000 enregistrements audio de locuteurs natifs — la voix réelle de personnes qui parlent ces langues, pas une synthèse vocale. L'audio couvre aujourd'hui cinq langues (drehu, a'jië, paicî, xârâcùù et naa drubea) ; les autres sont en cours d'enregistrement. Pour beaucoup de mots, on peut donc lire la définition et entendre comment le dire correctement, avec les sons et les tons propres à chaque langue.
Un assistant IA qui n'invente pas
Le dictionnaire propose un assistant conversationnel pour poser des questions en langage naturel (« comment dit-on bonjour en drehu ? », « que veut dire ce mot ? »). Mais il est conçu avec une règle stricte, essentielle quand il s'agit de patrimoine : il cherche d'abord la réponse dans la base vérifiée du dictionnaire, et ne répond que sur cette base. Autrement dit, il ne « devine » pas une traduction qui n'existe pas. C'est une différence majeure avec un traducteur automatique généraliste, qui peut produire des réponses fausses avec assurance — un risque inacceptable pour une langue menacée, où une erreur répétée peut s'installer durablement.
Sur le plan technique, cet assistant s'appuie sur une recherche documentaire (RAG) couplée à un modèle de langage, hébergée sur une infrastructure légère et économe. C'est exactement le type de système que Kanaky Tech construit pour des organisations qui veulent une IA fiable, ancrée dans leurs données plutôt que dans le web ouvert.
Comment il a été construit
Le cœur du projet n'est pas d'avoir « inventé » ces langues — ce serait absurde et irrespectueux. Le travail linguistique de fond est celui de générations de locuteurs, et d'institutions de référence comme l'Académie des Langues Kanak (ALK), l'Université de la Nouvelle-Calédonie et le CNRS-LACITO. La contribution de Kanaky Tech est ailleurs, et elle est précise :
- Réunir. Rassembler des ressources dispersées sur des supports hétérogènes en une seule base cohérente.
- Structurer. Normaliser des dizaines de milliers d'entrées dans un format unique, propre, interrogeable — avec un audit qualité documenté pour repérer les définitions manquantes, les doublons et les incohérences.
- Rendre accessible. Mettre tout cela derrière une recherche instantanée, multilingue (français, anglais, japonais), sur mobile, gratuitement et sans publicité.
- Pérenniser. Conserver l'ensemble dans un format ouvert et durable, plutôt que prisonnier d'une application qui peut disparaître du jour au lendemain.
C'est, dans l'esprit, un travail de souveraineté numérique appliqué au patrimoine : reprendre le contrôle d'un bien commun — ici, des langues — et garantir qu'il reste accessible à la communauté qui en est l'héritière.
Explorer le dictionnaire
9 langues, 19 672 mots, l'audio natif et l'assistant IA. Gratuit, sans compte, depuis votre téléphone.
Ouvrir le dictionnaireÀ qui ça sert
Le dictionnaire s'adresse d'abord aux familles et aux apprenants qui veulent transmettre ou (re)découvrir une langue. Mais aussi aux élèves et enseignants qui manquaient d'un outil unique et fiable ; aux membres de la diaspora kanak, en métropole, en Australie ou ailleurs, pour qui un lien numérique avec la langue compte double ; et aux chercheurs et curieux qui veulent explorer la richesse linguistique de l'archipel. Tout le monde y accède de la même façon : gratuitement.
Et la suite
Le projet est volontairement évolutif. Les chantiers en cours : compléter l'audio des langues qui n'en ont pas encore, enrichir les lexiques les plus courts, ajouter des traductions en anglais et en japonais là où elles manquent, et surtout ouvrir la contribution. Chaque page permet déjà de suggérer un mot ou une correction : ce sont les locuteurs et les connaisseurs des langues qui, mot après mot, rendront la base plus juste et plus complète. Une langue vivante n'est jamais « finie » — son dictionnaire non plus.
Le dictionnaire réunit 9 langues kanak de Nouvelle-Calédonie : drehu, nengone, paicî, a'jië, xârâcùù, xârâgurè, numèè, zuanga-yuanga et naa drubea, pour un total de 19 672 mots. C'est, à notre connaissance, le premier dictionnaire en ligne à les rassembler au même endroit, gratuitement.
Oui, totalement gratuit et sans publicité. Il est accessible en ligne sur dictionnaire.kanaky.xyz depuis un téléphone ou un ordinateur, sans compte ni inscription.
Oui. Le dictionnaire propose près de 1 000 enregistrements audio de locuteurs natifs pour cinq langues (drehu, a'jië, paicî, xârâcùù, naa drubea). L'audio des autres langues est en cours d'ajout.
L'assistant répond à vos questions sur le vocabulaire en s'appuyant uniquement sur le contenu vérifié du dictionnaire : il cherche le mot dans la base avant de répondre, pour éviter d'inventer une traduction. C'est une aide à la recherche, pas un traducteur automatique généraliste.
Le projet est porté par Kanaky Tech, un studio technologique calédonien fondé par Kevyn Wahuzue. Les contenus linguistiques s'appuient sur le travail de référence d'institutions comme l'Académie des Langues Kanak (ALK), l'Université de la Nouvelle-Calédonie et le CNRS-LACITO ; Kanaky Tech les a réunis, structurés et rendus accessibles dans une seule plateforme gratuite.
Chaque page du dictionnaire permet de suggérer un mot, une traduction ou une correction directement en ligne. Les contributions de locuteurs et de connaisseurs des langues sont les bienvenues pour enrichir et fiabiliser la base.